American Royals – Katharine McGee

L’histoire est formelle : le héros de la guerre d’indépendance américaine, George Washington, s’est vu offrir la couronne –mais il l’a refusée. Et s’il avait accepté ? Imaginez un peu que ce soit arrivé… Aujourd’hui, une famille royale règne sur les États-Unis, ses membres sont parmi les personnalités les plus célèbres du monde et vous tenez entre les mains leur histoire !

Car la maison Washington compte trois héritiers… Béatrice, d’abord. À seulement vingt et un ans, l’aînée du clan porte un poids immense sur les épaules : elle sera la première femme à monter sur le trône d’Amérique. Préparée à ce rôle depuis l’enfance, elle fait de son mieux pour satisfaire les attentes de son peuple et se montrer irréprochable… jusqu’au jour où tout déraille !

Ensuite viennent les jumeaux, Samantha et Jeff – un vrai duo infernal –, qui profitent de leur statut de petits derniers pour faire les quatre cents coups sans se soucier des conséquences… Mais peut-on vraiment vivre sa vie comme on l’entend quand on porte le nom de Washington ? Quand le moindre détail de sa vie intime risque d’être étalé au grand jour sur les réseaux sociaux et à la une de tous les journaux du pays ?

Déchirés entre les obligations de leur rang et des penchants bien humains, les membres de la famille royale américaine se débattent sous les feux des projecteurs. Personnages irrésistibles, luttes d’influence et secrets d’alcôve… Découvrez, sous la plume à la fois sensible et cruelle de Katharine McGee, les mystères de la lignée la plus célèbre de l’Histoire, dont les drames et les peines se jouent sous le regard de la planète tout entière !

 

CE QUE J’EN AI PENSÉ

Lorsque Lumen a commencé à communiquer sur American Royals, j’ai d’abord été curieuse, puis emballée et finalement complètement excitée à l’idée de découvrir une histoire qui se déroulerait lors d’une monarchie aux États-Unis ! Parce que WTF quand même ! Vous l’aurez donc compris, American Royals est, ce qu’on appelle une uchronie (qui est définie par le Larousse comme une « reconstruction fictive de l’histoire, relatant les faits tels qu’ils auraient pu se produire. »), qui prend forme autour d’une seule interrogation : Et si George Washington avait accepté la couronne ?

American Royals est un roman polyphonique, à quatre voix exclusivement féminines, ce qui interpelle un peu dans un monde plutôt masculin. Et justement, la première à apparaitre n’est autre que Béatrice, future première reine d’Amérique, qui, a tout juste vingt-et-un ans, semble déjà lassée de ses fonctions et désabusée par le monde qui l’entoure. Sa soeur, Samantha est tout l’opposée de son ainée : désinvolte, sauvage et entêtée. Elle et son jumeau, Jefferson, sont deux électrons libres qui passent plus de temps à amuser la galerie qu’à réfléchir à leur avenir. Nina, la meilleure amie de Samantha, qui n’a qu’un seul pied dans la vie de château, semble la plus terre à terre de tous. Elle étudie à l’université, travaille à la bibliothèque et sort avec ses amis comme n’importe quel étudiant ! Enfin, la terrible Daphné, ex copine de Jefferson qui semble prête à tout pour retrouver les faveurs du prince, qu’importe les sacrifices !

« Ils avaient toujours été comme les deux cotés d’une pièce de monnaie : un duo de bouffons de cour, les jumeaux rigolos. Dès que l’Amérique avait besoin d’une distraction, c’étaient eux que leur famille envoyait au front. »

Le nombre de voix n’a pas déstabilisé ma lecture, au contraire. J’ai trouvé interessant de passer d’un point de vue à l’autre, permettant finalement de voir plusieurs facettes du pouvoir en place et la manière dont chaque personnage gravite autour. D’ailleurs, si le récit a bien une qualité, c’est la fluidité ! Là où la polyphonie aurait pu générer des heurts dans la lecture, on passe facilement d’une histoire à une autre sans jamais perdre le fil !

Autour de ce petit monde s’agitent des personnages secondaires mais non des moindres : le roi et la reine d’Amérique, les parents de Nina (une de ses mères étant la ministre des Finances), la mère de Daphné, quelques nobles, ainsi qu’un garde du corps un peu spécial… Bref tous nous exposent une peinture moderne d’une monarchie pourtant ancrée dans le passé. Au fil des pages, on comprend mieux les aspirations de chacun, ainsi que leurs désirs les plus secrets qui, s’ils étaient révélés, risqueraient bien de compromettre leurs avenirs.

« Elle repensa à ce jour, à cette douleur aigüe pourtant incomparable avec la souffrance qu’elle éprouvait en cet instant. Une fracture était bien peu de chose face à un coeur brisé. Les coeurs ne guérissent pas d’eux-mêmes. Ils ne deviennent pas plus fort d’avoir été blessés. »

J’ai eu du mal avec la personnalité de Béatrice au début, qui parait subir sans jamais exprimer ses propres envies… C’est frustrant lorsqu’on jouit du libre arbitre, mais sans doute assez proche de la réalité de la monarchie. Finalement, on s’attache à cette princesse malgré elle qui rêve de vivre comme tout le monde, bien loin des objectifs de la presse à scandale et de l’oeil scrutateur de ses futurs sujets. Et même si les personnages sont clichés, et pas toujours dans le bon sens du terme, j’ai pris plaisir à les découvrir au gré de leurs tribulations (et errances). La seule qui semble de trop dans ce tableau, c’est Daphné qui est HAUTEMENT insupportable. Même les tentatives de l’auteure pour tenter de justifier son comportement parfois abjecte ne permettaient pas, selon moi, de la rendre un tant soit peu sympathique. J’ai presque eu envie de passer les chapitres la concernant, et je l’aurais certainement fait s’ils n’avaient pas été nécessaire à la compréhension !

« Ne te laisse pas marcher sur les pieds. Il ne va pas être facile pour toi de t’imposer à un poste pour lequel la plupart des hommes s’estiment plus qualifiés. Fais bon usage de ton énergie et de ta détermination. Et ne déroge jamais à tes principes. »

Lorsque j’ai terminé le roman, j’ai eu comme un gout d’inachevé. Pas seulement parce qu’il s’agit d’un premier tome mais surtout parce qu’on tourne pas mal en rond. En ce qui concerne la romance, qui est omniprésente dans l’histoire, la situation dans laquelle se trouvent les personnages à la fin est exactement la même qu’au début. Je me suis dit « tout ça pour ce résultat ? » J’aurai aimé que tout ne soit pas une question de « couple ». Ou que la dualité soit axée sur les relations amicales ou gémellaire ! Au fur et à mesure de ma lecture, j’avais l’impression que le message véhiculé était que chaque personnage ne se définit que par sa relation… et c’est complètement nul. Lorsque qu’on ajoute à cela les règles strictes de la monarchie et les petites crises identitaires de chacun, on finit sur un note amère de frustration et de fatalité.

Pour conclure, je dirais que je ne suis pas déçue de ma lecture, mais plutôt pleine d’attentes pour la suite. La fin de se premier tome s’ouvre sur une multitude de possibilités qui pourraient faire évoluer bon nombre de situations et promet son lot de rebondissements, qui, je l’espère, permettront à chaque personnage de trouver sa place !

Titre : American Royals
Auteur : Katharine McGee
Genre : Young Adult, Royauté
Nombre de pages :  563 pages
Date de sortie : 05 septembre 2019
Prix support papier : 16,00€
Éditions : Lumen Éditions

Un commentaire

  • pomme

    Coucou !

    Ce livre me tente tellement depuis que j’en entend parler j’ai super envie de le lire mais je doit me limiter niveau achats parce que ma pile à lire déborde… mais fin novembre je fonce l’acheter !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

%d blogueurs aiment cette page :