Damnés – Lauren Kate

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Damnés

Lorsque Luce rentre à Sword & Cross, un lycée d’éducation surveillée, elle est d’emblée attirée par le ténébreux Daniel. 
Dans cet endroit sinistre où les portables sont interdits, où les élèves ont un passé lourd et où des caméras surveillent les moindres faits et gestes de chacun, Daniel devient une obsession.
Mais le jeune homme évite Luce, qui est aussi courtisée par Cam, un beau brun aux yeux verts. Malgré sa fascination pour Daniel, Luce n’arrive pas à résister à Cam. Ce dilemme perturbe la jeune fille, déjà déstabilisée par la présence d’ombres, qui la poursuivent et l’inquiètent depuis l’enfance.
Tout est conçu pour que l’ordre règne à Sword & Cross, pourtant ce lieu deviendra le théâtre de drames troubles et mystérieux.

CE QUE J’EN AI PENSÉ

Si le début de Damnés est mystérieux et intrigant à souhait, le livre souffre de réelles longueurs dont il est difficile de se dépêtrer au fur et à mesure que l’histoire avance. Sans pour autant juger celle-ci inintéressante, il me semble qu’on tourne en rond jusqu’aux cinquante dernières pages, ce qui est assez long quand on sait que le livre en compte 438. La quatrième de couverture pose un décor assez alléchant, trop lorsque l’on arrive au bout du récit et qu’on a qu’un embryon de réponse à nos nombreuses questions à se mette sous la dent.

« Elle aperçut un pissenlit solitaire. Plus jeune, Luce se serait précipitée pour le cueillir, elle aurait fait un vœu, puis soufflé dessus. Hélas ! Les vœux de Luce n’auraient su se suffire d’une fleur aussi légère. »

La trame narrative est répétitive, et on y retrouve un enchainement de questionnements toujours plus nombreux, d’évènements étranges, de flashback de rêves et de triangulation amoureuse à encéphalogramme plat qui ne font en rien avancer notre affaire. Et pourtant, il y a matière à exploiter un certain nombre de choses : le personnage principal arrive à Sword & Cross après avoir vécu un évènement traumatisant dont elle même ne connait pas le responsable qui pourrait être une des ombres qui la suivent partout et semblent créer toutes sortes de situations dangereuses… Ses petits camarades d’écoles sont tous plus étranges les uns que les autres, et ont l’air d’avoir pris possession du lycée en organisant régulièrement des soirées et des sorties incongrues. Pourtant, rien ne se passe véritablement à ce niveau-là. Il faudra donc s’armer de patience et attendre la moitié du livre pour espérer entrevoir un semblant d’action, et 300 pages pour une avancée visible entre nos trois amoureux. 

« Sa simple proximité lui procurait la plus étrange des sensations, comme la chaleur des braises au moment où elles tombent en cendres dans le foyer d’une cheminée. »

Et justement, le triangle amoureux, classique du genre, nous est annoncé dès le résumé. Pourtant il ne décolle pas d’un millimètre avant la fin. On retrouve donc des situations plutôt redondantes entre notre héroïne, Luce, et les deux stars masculines de ce lycée : Cam qui semble attiré par cette dernière comme une abeille par un pot de miel, et Daniel, qui semble avoir les fesses entre deux sièges lorsqu’il est en présence de Luce. Pas facile de s’y retrouver, ni pour elle, ni pour nous. En effet, on ne comprend pas vraiment pourquoi les deux protagonistes mâles sont aussi étranges. Il aurait peut-être fallu distiller quelques indices plus prégnants tout au long du récit, qui auraient permis au lecteur de comprendre les intentions cachées des uns et des autres. Il y a, en somme, trop peu d’informations dans l’ensemble du livre et beaucoup trop à la fin.

« Si je pars, c’est pour te sauver la vie, énonça-t-il lentement, en cherchant à atteindre en elle de très lointains souvenirs. Existaient-t-ils encore, même profondément enfouis ? Il y a des choses qui comptent plus que l’amour.
Même si tu ne comprends pas, tu dois me faire confiance. »

S’il est vrai que j’aime particulièrement les histoires entourées de mystères, pour lesquelles il faut réfléchir un peu afin comprendre les tenants et aboutissants, là j’avais peine à déceler le moindre indice. Et le fait d’avancer dans le flou le plus total ne permet pas, selon moi, au lecteur de s’accrocher à l’histoire. Et quand, enfin, on touche au but, que les dernières pages arrivent et avec elles, le dénouement et les explications, il me semble qu’elles ne font qu’ajouter à l’incompréhension générale de l’histoire. 

En bref, ce n’est pas un mauvais roman, puisque la toute fin m’a rendu curieuse de la suite des aventures de nos héros. Malgré tout, je ne suis pas sûre qu’il soit judicieux de faire 300 pages de blabla qui ne mènent nul part, alors qu’il y a tant de choses à expliquer que la fin se termine en brouillon. 

Titre : Damnés
Auteur : Lauren Kate
Genre : Fantastique
Nombre de pages : 438 pages
Date de sortie : 18 novembre 2010
Prix support papier : 16,90€
Éditions : Bayard Jeunesse

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