Dry – Neal & Jarrod Shusterman

Dry – Neal & Jarrod Shusterman

Avez-vous déjà eu vraiment soif ?

La sécheresse s’éternise en Californie et le quotidien de chacun s’est transformé en une longue liste d’interdictions : ne pas arroser la pelouse, ne pas remplir sa piscine, limiter les douches…
Jusqu’à ce que les robinets se tarissent pour de bon. La paisible banlieue où vivent Alyssa et sa famille vire alors à la zone de guerre.
Soif et désespoir font se dresser les voisins les uns contre les autres. Le jour où ses parents ne donnent plus signe de vie et où son existence et celle de son petit frère sont menacées, Alyssa va devoir faire de terribles choix pour survivre au moins un jour de plus.

CE QUE J’EN AI PENSÉ

Lorsque j’ai commencé la lecture de Dry, je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre. Je ne suis pas une fan absolue des romans d’anticipation, des scénarios catastrophes et autres histoires apocalyptiques, mais j’avoue que la couverture et le résumé ont eu raison de ma curiosité. J’ai pris plaisir à découvrir la plume de Neal Shusterman que je ne connaissais absolument pas et j’ai trouvé l’histoire particulièrement bien ficelée, avec juste ce qu’il faut de complexité pour coller au thème chaotique de l’histoire.

« Évidemment, il y a eu des mises en garde, depuis des années. Mais les campagnes de sensibilisation n’ont pas préparé la population à un drame de cette envergure. Jamais on n’aurait pu imaginer que l’eau cesserait tout simplement. De couler. Des robinets. »

La pénurie d’eau, c’est quelque chose auquel on ne pense pas, et pourtant ça nous pend au nez tous les jours. Le scénario est donc tellement probable qu’il en est glaçant ! J’ai passé toute ma lecture avec un verre d’eau ou une tasse de thé à proximité parce qu’un récit aussi haletant, ça donne soif et ça fait réfléchir sur notre rapport aux ressources naturelles. Neal Shusterman pose de nombreuses questions au fil de son écriture, et notamment celle de notre comportement face à cette situation. En cela, c’est une peinture archi réaliste et terrible de l’être humain en situation de crise. La population se divise en deux grandes catégories plutôt simples: les gentils et les méchants. En bref, ceux qui pensent à eux avant tout, et ceux qui pensent aux autres quand même. Et très franchement, impossible de savoir dans laquelle on se place tant qu’on a pas vécu une situation impossible.

« Depuis hier, le monde a changé… »

Je n’ai pas eu d’attache particulière avec l’un des personnages, bien au contraire. Mais cela ne m’a pas dérangé puisque j’avais l’impression d’être spectatrice et de voir évoluer tous ces adolescents livrés à eux-mêmes qui tente de survivre. D’ailleurs, la multiplicité des personnages et la dissonance de leurs voix était vraiment très interessant pour l’histoire. Une bonne manière de comprendre les réactions de chacun et de ne pas tirer de conclusions trop hâtives, en partant du principe que c’est la situation qui influe sur le comportement.

« … nous sommes tous devenus imprévisibles. Finalement, nous avons atteint ce stade monomaniaque où on ne réfléchit plus. On fait ce qu’il y a à faire, quel qu’en soit le prix. »

Malgré tout, il m’a semblé parfois que la surenchère de catastrophes desservait quelque peu le fil de l’histoire. À chaque nouvelle issue possible, un nouveau problème qui mène à une nouvelle désillusion et ainsi de suite… À la fin, j’avais moi-même l’impression de suffoquer et j’avais envie que les personnages connaissent un peu de répit. Par contre, j’ai adoré les arrêts sur image qui donnaient une vision plus général de la crise en se focalisant sur des personnages extérieurs au groupe tout en permettant de relier les informations entre elles.

« Marche. Marche. Un pied devant l’autre. Et rebelote. Je ne suis pas en vie. Je ne suis pas morte. Je suis entre les deux. Traîne les pieds. Traîne les pieds. Un pas. Puis un autre. »

Enfin, j’ai apprécié la fin ouverte sur une possible idylle, justement parce que l’histoire ne se termine pas sur une histoire d’amour. Les happy end, ça va bien cinq minutes et ça n’aurait pas collé avec le reste. Mais la belle amitié entre deux personnages qui s’évitaient avant la catastrophe, ça c’est une belle leçon de vie.

Titre : Dry
Auteur : Neal & Jarrod Shusterman
Genre : Roman d’anticipation
Nombre de pages : 446 pages
Date de sortie : 22 novembre 2018
Prix support papier : 17,90€
Éditions : Robert Laffont – Collection R

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One thought on “Dry – Neal & Jarrod Shusterman

  1. J’aime beaucoup ton blog. Un plaisir de venir flâner sur tes pages. une belle découverte, un enchantement. Très intéressant. Je reviendrai m’y poser. N’hésite pas à visiter mon univers. A bientôt.

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