La Maison des morts – Sarah Pinborough

La Maison des morts

Au beau milieu d’une île déserte, une poignée d’enfants mène une existence hors du temps, sous la surveillance impassible d’une équipe d’infirmières. Arrachés à leurs familles, les Déficients vivent dans la crainte du moindre symptôme indiquant qu’il est temps pour eux d’être conduits au sanatorium, là d’où personne ne revient.

Loin des siens, replié sur lui-même, Toby attend la mort et lutte contre la peur et le désespoir. Mais l’arrivée d’une nouvelle patiente lui redonne brusquement une raison de vivre et d’espérer…

CE QUE J’EN AI PENSÉ

La Maison des morts fait partie de ces lectures qui ne laissent pas indifférent et dans lesquelles on se plonge sans trop savoir à quoi s’attendre. J’étais attirée par la couverture (oui, le marketing marche du tonnerre sur moi!) et par le résumé et j’attendais vraiment le bon moment pour pouvoir profiter à 100% de cette histoire. Et, pour être tout à fait franche, j’ai été déçue jusqu’au milieu du livre. C’était long, c’était plat et je ne savais pas bien ce que je faisais là. Et le pire, c’est que j’étais déçue d’être déçue puisque j’avais des attentes et que je me sentais trahie. Mais j’ai décidé de m’accrocher parce qu’un petit quelque chose me poussait à attendre et j’ai bien fait de suivre mon intuition.

« Le meilleur peut naître parfois du pire. »

Mais, pourquoi cette déception ? Le début de l’histoire n’est pas dénué d’intérêt, puisqu’il met en place le décor et les personnage, et nous permet de nous familiariser un peu avec ce manoir dans lequel, nous aussi, nous allons passer du temps. Malgré tout, l’univers global est baigné de mystère. Aucune idée de l’endroit géographique où le manoir se trouve, nous ne savons rien des encadrants, professeurs et infirmières, qui sont en charge des enfants, nous ne savons rien du pourquoi ces enfants sont enfermés dans un manoir sur une île et attendent avec la boule au ventre le moment où ils seront envoyés dans le redouté sanatorium, bref… C’est le flou complet ! Et c’est une bonne chose. Cela permet de commencer une enquête mentale, d’essayer de lire entre les lignes pour trouver le moindre indice et j’adore ça.

« Personne ne quitte la maison et personne ne revient jamais du sanatorium. Nous le savons tous. Tout comme nous sommes conscients que chacun de nous effectuera le voyage. 
Un jour, je serai ce gamin qui disparaîtrait dans la nuit. »

Mais… j’ai eu beaucoup de mal avec le personnage principal. Toby est un adolescent qui à l’air d’avoir dû grandir trop vite. Jusque là, rien de bien étonnant, on comprend qu’il n’est pas ravie d’avoir été enfermé dans cette grande bâtisse au milieu de nul part mais son comportement est parfois très irritant. Puisque le temps s’étire aussi lentement à la lecture que dans le manoir, l’esprit se focalise sur les personnages, et c’est là que j’ai commencé à remarquer les petits défauts de Toby. Alors que ses camarades de dortoirs sont plutôt attachants, lui reste froid et distant, franchissant quelques fois les limites de la méchanceté gratuite et je l’ai trouvé trop souvent donneur de leçon. Evidemment, le contexte n’aide pas. Le livre raconte l’attente de quelque chose qu’on ne comprend pas, et lorsque, comme Toby, on a vu défaillir puis disparaitre plus d’un camarade, on a sans doute tendance à se barricader pour ne pas céder à la peur ou même à la folie. Et puis, un élément vient faire basculer l’histoire et, à partir de ce moment là, je n’ai plus réussi à lâcher le livre.

« Je me demande parfois si je n’aime pas l’ennui parce que cette sensation donne l’impression que le temps passe plus lentement. »

La force de cette histoire réside justement dans cette attente qui ne rend aussi frénétique que le personnage principal. L’auteur nous offre un roman à la croisée des genres, qui n’est ni vraiment fantastique, ni vraiment horrifique mais qui nous fait ressentir une myriade d’émotions aussi différentes les unes que les autres. Je n’ai pas l’impression d’avoir eu toutes les réponses aux questions que je me posais pendant ma lecture mais c’est aussi une bonne chose, à bien y réfléchir… Il y a dans la vie, des choses qui ne s’expliquent pas, d’autres qui nous dépassent. La Maison des morts est finalement un roman plutôt lumineux avec des touches sombres, qui parle d’amour, d’amitié, de courage et de résignation.

Titre : La Maison des morts
Auteur : Sarah Pinborough
Genre : Fantasy
Nombre de pages : 384 pages
Date de sortie : 21 octobre 2016
Prix support papier : 16,90€
Éditions : Bragelonne

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