Steam Sailors : L’Héliotrope de Ellie S. Green

Steam Sailors : L’Héliotrope de Ellie S. Green

Quatre siècles après la Grande-Fracture, les habitants du Bas-Monde traversent une ère obscure et rétrograde, tandis que le Haut-Monde, figé depuis l’extinction des Alchimistes, demeure inaccessible et fait l’objet de tous les fantasmes. Originaire du Bas-Monde, Prudence vit en paria car elle voit l’avenir en rêves. Une nuit, son village est attaqué par des pirates du ciel. Enlevée et enrôlée de force à bord de l’Héliotrope, un navire volant à la sinistre réputation, la jeune orpheline découvre un nouvel univers, celui du ciel et de ses pirates. Prudence fait la connaissance des membres de l’équipage, qui ne tardent pas à lui révéler leur secret : ils détiennent un indice, menant à une série de « clefs » disséminées dans le monde, qui permettrait de retrouver la cité des Alchimistes…

CE QUE J’EN AI PENSÉ

Dernière lecture des finalistes de l’édition 2021 du PLIB, Steam Sailors est mon grand coup de cœur, alors même que j’étais sure et certaine de mon gagnant depuis les présélectionnés. Il a donc réussi l’exploit de me faire changer d’avis, et vraiment, ce n’était pas gagné. Mais alors, quel est ce petit plus qui m’a fait basculer ?

On situe cette histoire au début du Ve siècle après la Grande-Fracture. La date exacte des événements sera laissée à la libre imagination du lecteur, qui devra souvent faire appel à sa fantaisie s’il suit ce récit. S’il ne goûte guère l’absurde, l’impossible, l’irrationnel, l’illogisme et le fantasque, alors il lui faut abandonner ici sa lecture.
Pour celui qui décide de continuer, entrons dans l’histoire sur la pointe des pieds, en ouvrant juste un peu la porte.

Je ne suis pas coutumière des romans steampunk, d’aventures, de pirateries, etc. mais je ne suis jamais réfractaire à la découverte (c’est d’ailleurs bien pour ça que je traine dans les couloirs de l’Académie du PLIB). C’est donc sans a priori que je me suis lancée dans la lecture de Steam Sailors. Et j’y ai découvert un univers particulièrement prenant, une richesse de personnages à la personnalité soigneusement travaillée et des paysages si bien écrits que j’y étais instantanément téléportée. Si vous avez feuilleté quelques unes de mes chroniques, vous n’êtes pas sans savoir que j’adore quand un auteur arrive à me faire plonger tête la première dans un monde, à tel point que j’ai du mal à me reconnecter avec le notre quand je referme le livre. Eh bien, c’est exactement ce que Ellie S. Green a fait avec son roman, et c’est en cela qu’il fait parti de mes chouchous de l’année. Mais trêve de bavardage…

Les îles, petites et nombreuses, étaient reliées entre elles par des passerelles métalliques. Leurs infrastructures formaient un mélange cosmopolite de différentes architectures et les bâtiments ressemblaient à de gros champignons ayant poussé les uns sur les autres sur plusieurs générations.

Notre personnage principal, Prudence, m’a rappelé un peu le personnage de Rouge de Pascaline Nolot, autre finaliste du PLIB, et tout ce que j’avais aimé chez elle : la jeune fille laissée pour compte, paria mais pas faible pour un sous, et prête à prendre son destin entre ses mains sans rien devoir à personne. En bref, une nana qui en a parce qu’elle a pas eu trop le choix. Mais Prudence a, en plus, un statut particulier puisqu’elle met ses talents d’herboriste et de soigneuse au service des personnes qui font d’elle une réprouvé, et qui sont bien content de la trouver lorsqu’ils ont un bobo à bander. Alors quand elle se fait kidnapper par les pirates de l’air qui l’emmènent dans le Haut-Monde à bord de l’Héliotrope, Prudence tient peut-être là l’occasion de se révéler telle qu’elle est vraiment : une jeune fille solide et précieuse, dont les pouvoirs, qu’elle a toujours caché, semblent finalement trouver un écho dans la quête menée par les pirates.

C’était la ligne de conduite propre aux pirates : une maîtrise de soi remarquable dans les situations ardues, proportionnelle à une totale absence de retenue le reste du temps.

En effet, ces corsaires de l’air ne sont pas juste bons à se battre avec d’autres bandits, ou contre la Garde Royal et son tenace Capitaine Stettwald. Non, ils sont à la recherche de la mystérieuse cité des Alchimistes, dont ils détiennent un indice de l’existence, et qu’ils s’échinent désormais à déchiffrer. L’arrivée de Prudence et de ses pouvoirs tombe alors comme une bénédiction. Ses rêves prémonitoires et sa lucidité vont permettre aux membres de l’Héliotrope d’accélérer leurs recherches et de mettre la main sur les clefs de cette énigme longtemps considérée comme un mythe. Chacun va devoir mettre de coté ses préjugés et avancer main dans la main vers un même objectif. Et voir l’évolution des relations qui lient ces pirates aux manières brusques et cette jeune fille, qui, de prisonnière devient infirmière puis pirate à part entière, a vraiment été pour moi un des points fort de cette lecture.

Enfant, Prudence goûtait à tout, touchait à tout et allait partout… surtout là où c’était défendu. Les soeurs du couvent disaient qu’elle était nommée de la seule vertu dont elle était complétement dépourvue.

Entre combats aériens sans pitié, découverte de paysages qu’elle n’imaginait même pas et amitié naissante et sincère avec des brigands bourrus mais entiers, Prudence voit sa vie changer du jour au lendemain pour le meilleur et pour le pire. Après de nombreux rebondissements, et une quête qui les mènera aux confins de leur monde, la fin de ce premier tome nous promet encore de belles aventures à bord de l’Héliotrope, à la découverte des secrets des Alchimistes auxquels notre héroïne semble étrangement liée.

Titre : Steam Sailors
Auteur : Ellie S. Green
Genre : Fantasy / Steampunk
Nombre de pages : 377 pages
Date de sortie : 26 mars 2020
Prix : 17,00€
PLIB 2021 : #ISBN9782354887759
Éditions : Gulf Stream

Rocaille de Pauline Sidre

Rocaille de Pauline Sidre

Gésill ne dort plus depuis qu’il est mort. Assassiné puis ramené à la vie par les Funestrelles, des brigands sans scrupules qui voudraient le voir reprendre son trône, l’ancien roi Gésill n’a plus goût à rien.
Son sang vert, autrefois seule source de végétation de la Rocaille, s’est tari. Il pourrit. Seul un représentant des Magistres, ces êtres mythiques exterminés par les ancêtres de Gésill, pourrait y remédier.
Aussi, lorsque les Funestrelles, accompagnés du défunt, se mettent en quête de trouver un jeune homme qu’on dit leur dernier descendant, ils sont loin d’imaginer que leur découverte ébranlera toutes leurs certitudes. Sur la Rocaille comme sur eux-mêmes.

CE QUE J’EN AI PENSÉ

Je vais encore commencer une chronique en parlant de l’objet livre avant de parler du contenu mais LA COUVERTURE ! Je n’ai malheureusement pas eu la chance de le lire en version papier mais j’ai quand même été vraiment hypée par la beauté de l’illustration et ce qu’elle nous dit déjà de ce qui se trame à l’intérieur.

L’idée de départ est excellente. Une terre à la nature dévastée. Une population qui dépend, pour vivre, de ses souverains, seuls à pouvoir produire de la nourriture grâce à leur sang vert qui leur permet de faire pousser la végétation et les cultures. Malheureusement, et malgré un décor impeccable, le déséquilibre dans la trame (les quelques longueurs inutiles et le manque de profondeur dans certains passages qui auraient nécessité plus de matière) a parfois lourdement pesé sur ma découverte de ce roman.

On démarre tout de même notre lecture avec un roi fraichement assassiné comme personnage principal et ça, c’est peu commun. Cela a eu pour effet de titiller ma curiosité juste ce qu’il faut pour plonger à fond dans Rocaille, avide de connaitre le destin de ce roi-zombie à qui on offre une seconde chance, même si elle n’est pas tout à fait sans conséquences pour lui. Et si Gésill a été assassiné, c’est parce qu’un complot se prépare au palais et personne ne sait vraiment qui tire les ficelles. Natrell, le frère du roi, devenu fou à la mort de ce dernier, croupit dans une cellule dans les profondeurs du palais et Sénielle, sa jumelle, a tout mis en œuvre pour ressusciter son ainé jusqu’à faire affaire avec les pires bandits de la rocaille. Même si, à mon sens, les funestrelles n’ont de « pires bandits » que le titre. Disons qu’ils manquent un peu de mordant. Et si quelques-uns sortent du lot comme Iliane ou Fauchon, les autres ont vraiment l’air d’être des tire-au-flanc portés sur la bouteille, pas vraiment ce qu’on imagine du groupe de brigands le plus puissant du coin.

Toutefois, deux personnages ont réussi à me garder ancrée dans l’histoire. La Iliane du début de roman, avant qu’elle ne s’efface un peu derrière ses sentiments, et le Magistre Luelde qui méritait même la place de personnage principal selon moi, tant son aventure et sa personnalité sont riches. Les chapitres qui lui sont entièrement consacrés sont d’ailleurs mes préférés, j’ai adoré la manière dont il s’émancipe au fur et à mesure que l’histoire avance.

Pour être honnête, je n’ai pas vraiment apprécié les autres personnages. Pire, Gésill m’a profondément agacé pendant 95% de ma lecture. Ce n’est ni un héros, ni un anti-héros à mes yeux, juste une personnalité autocentrée qui n’apprend guère de ses erreurs alors même que tout le monde se met en quatre pour lui. Et ce ne sont pas ses quelques sursauts de conscience qui m’ont fait changer d’avis. Malgré tout, j’ai apprécié le roman dans son ensemble, pour son univers avant tout, pour les personnages féminins plein de force même si leur rôle est finalement relégué au second plan très rapidement et pour ce fabuleux magistre qui m’a enchanté du début à la fin.

Un premier roman prometteur, un univers riche et visuel comme je les aime mais quelques défauts qui m’ont parfois laissé en marge de cette lecture. Je suis loin du coup de cœur mais curieuse de lire le prochain roman de cette auteure pour vivre une nouvelle aventure.

Titre : Rocaille
Auteur : Pauline Sidre
Genre : Fantasy
Nombre de pages : 480 pages
Date de sortie : mai 2020
Prix : 25,00€
PLIB 2021 : #ISBN9782490700035
Éditions : Sillex

Rouge de Pascaline Nolot

Rouge de Pascaline Nolot

rouge de pascaline nolot

Accroché au versant du mont Gris et cerné par Bois-Sombre se trouve Malombre, hameau battu par les vents et la complainte des loups. C’est là que suivit Rouge, rejetée à cause d’une particularité physique. Rares sont ceux qui, comme le père François, éprouvent de la compassion à son égard. Car on raconte qu’il ne faut en aucun cas toucher la jeune fille sous peine de finir comme elle : marqué par le Mal.
Lorsque survient son premier sang, les villageois sont soulagés de la voir partir, conformément au pacte maudit qui pèse sur eux. Comme tant d’autres jeunes filles de Malombre avant elle, celle que tous surnomment la Cramoisie doit s’engager dans les bois afin d’y rejoindre l’inquiétante Grand-Mère. Est-ce son salut ou bien un sort pire que la mort qui attend Rouge ? Nul ne s’en préoccupe et nul ne le sait, car aucune bannie n’est jamais revenue…

CE QUE J’EN AI PENSÉ

La lecture de Rouge nous plonge tout droit dans un univers sombre et cruel, un univers qui n’a rien à voir avec un conte de fée et qui pourtant tire son essence dans un de ceux que tout le monde connait, et qui, au fil des versions a bercé d’illusions les enfants du monde entier. Rouge est une réécriture du célèbre Petit Chaperon Rouge, conte français d’origine orale qui est aujourd’hui connu sous la plume de Charles Perrault puis des frères Grimm. On retrouve d’ailleurs dans l’histoire de Pascaline Nolot les fondamentaux du conte dans sa version première : la petite fille à la cape et au panier de victuailles, la Grand-mère et le loup, ainsi que le chasseur de la version des frères Grimm.

Il contempla le nourrisson en pleurs avec aversion. Puis il vomit sa sentence en un mot: Rouge!

L’analogie s’arrête ici puisque l’auteure sort le Petit Chaperon rouge du registre du conte pour l’ancrer dans un roman fantastique à la cruauté sans détours, mais qui renoue finalement avec une version ancienne du récit dans lequel la fillette triomphe seule du loup. Un moyen de remettre ici l’héroïne éponyme au centre de son histoire et de faire disparaitre l’avantage masculin derrière la réussite de la femme dans tout ce qu’elle représente : la sorcière, la malaimée, la sanglante, l’hystérique… Toutes ces femmes que l’on rencontre finalement tout au long du chemin de Rouge.

Au dessus de sa tête, colorant le ciel, une aube nouvelle se levait. Rouge.

Mais trêve de bavardage sur les origines, revenons-en à cette réécriture très réussie d’un conte vu et revu. Si ce procédé ne me freine jamais, quand bien même je connais déjà l’histoire sur le bout des doigts, j’aime particulièrement quand l’auteur réussi la prouesse d’offrir une toute autre destinée aux personnages de notre enfance. Lorsque l’on fait la connaissance de Rouge, nommée ainsi à cause de son apparence — une tache de naissance cramoisie sur le visage et la poitrine, ainsi qu’une boursouflure sur l’arcade sourcilière —, c’est une adolescente maltraitée et solitaire qui nous fait face. Le village entier la fuit comme la peste et la rend responsable d’une étrange malédiction qui pèse sur Malombre, depuis que sa mère semble avoir pactisé avec le diable et mit au monde Rouge, avant de mourir en couche. Ainsi, le jour de ses premières règles, chaque jeune fille doit quitter le village pour rejoindre la Grand-mère dans la forêt, escortée par des loups pour éviter toute dérobade. Et personne n’en est jamais revenu. Alors, lorsque les règles de Rouge surviennent, le village est en liesse, espérant par ce biais que la malédiction prendra fin avec celle par qui tout a commencé. Mais, ce que les villageois ignorent, c’est que le diable se cache peut-être derrière les traits d’un habitant que rien ne pourrait laisser soupçonner…

Par conséquent, les habitants avaient dû se résigner définitivement à l’évidence : Malombre était damné, et ses filles, condamnées. Tout cela, par la faute originelle de la mère de Rouge.

Commence alors la quête de Rouge. Une quête de vérité mais aussi une quête de liberté. Et dans ce conte actuel, les cartes sont rebattues. Les bons deviennent les mauvais et les méchants des alliés insoupçonnés. Les sujets sont difficiles, délicats et même s’il n’y a rien de beau dans cette histoire, il est plus que nécessaire de se confronter à ces réalités. Il est question de rouge sang, de rouge colère, de rouge tentateur, de rouge démoniaque et de rouge destructeur. Il est question de viol, de maltraitance, de harcèlement, d’obscurantisme religieux, de transsexualité et de féminisme. Il est question d’un cheminement rendu difficile par le fait d’être né de sexe féminin, de la malédiction d’être une femme, du besoin de se dissimuler pour avancer et des violences perpétrées par des hommes qui jamais ne se sentent fautifs. Et finalement, c’est surtout l’histoire d’une émancipation. D’une jeune fille qui devient une femme et qui reprend le pouvoir sur son destin.

Dès qu’ils t’ont regardée, les gens ont eu peur de ta différence. Avant cela, pour le même motif, ils avaient tremblé devant ta mère devenue aliénée. Aucune de vous deux ne correspondait aux critères de cette chose contraignante que l’on nomme normalité…

On ne ressort pas vraiment indemne de la lecture de Rouge, après avoir vécu des émotions bien différentes : la colère, la sidération, la frustration, la peine… Mais il n’y a pas que du négatif dans cette histoire qui fait tout de même de Rouge une héroïne comme je les aime, qui sort grandie et si forte de ses terribles aventures. Il y a des livres que l’on pourrait recommander à tous, et j’aurai tendance à dire que Rouge n’en fait pas partie, qu’il n’est pas à mettre entre toutes les mains à cause de la dureté de ses sujets, la force de ses convictions et pourtant je trouve qu’il est important de se confronter à tout ce que Pascaline Nolot dénonce avec talent à travers ce roman sans ambage.

Titre : Rouge
Auteur : Pascaline Nolot
Genre : Réécriture/Fantastique
Nombre de pages : 320 pages
Date de sortie : 28 mai 2020
Prix : 17,00€
PLIB 2021 : #ISBN9782354887858
Éditions : Gulfstream

La Princesse au visage de nuit de David Bry

La Princesse au visage de nuit de David Bry

la princesse au visage de nuit

Vingt ans après avoir quitté son village natal, vingt ans après avoir essayé de trouver — en vain — la princesse au visage de nuit pour qu’elle le sauve de ses parents, Hugo revient sur les traces de son enfance.

Un étrange accident de voiture, l’orage qui gronde sans cesse, des noms d’enfants dans le vent, une mystérieuse présence dans les bois et les lucioles qui volettent, toujours. Comme avant, au temps de la princesse au visage de nuit.

Devenu adulte, Hugo ira-t-il jusqu’à la trouver ?

Il se souvient, maintenant. La tristesse de Sophie, la détresse de Pierre, les jeux dans les champs, près de la rivière, leurs rires le soir alors que la nuit tombait et menaçait de les engloutir. Il se rappelle les promesses d’enfant, le serment dans la clairière, la course dans les bois, les lucioles autour d’eux, la grotte immense et l’ombre plus grande encore ; la magie qui devait les protéger puisque rien d’autre, rien d’autre ne le pouvait.

CE QUE J’EN AI PENSÉ

Des 25 sélectionnés du PLIB 2021, c’est un de ceux que j’avais le plus envie de découvrir. Et je peux dire aujourd’hui, après l’avoir dévoré, que je suis ravie d’avoir donné une de mes voix pour ce roman sombre, mystérieux et envoutant.

Où que porte son regard, la forêt couvre la vallée lumineuse sous le soleil du matin. Des trouées révèlent quelques hameaux perdus, une route sinueuse rejoint le plateau. La rivière coule en bas. Des champs bordent le village. Les oiseaux pépient un peu partout, l’odeur forte de la paille de blé embaume l’atmosphère.
Ça, il ne l’a pas oublié.

L’histoire nous emmène dans les vestiges de l’enfance maltraitée d’Hugo, un jeune homme plutôt taciturne, tourné vers l’alcool, qui semble tout faire pour oublier les premières années de sa vie. Mais le destin en a décidé autrement, et la mort de ses parents qu’il n’a pas revu depuis 20 ans, le ramène inlassablement vers Saint-Cyr, la chaumière vétuste de son enfance et la forêt de la princesse au visage de nuit. D’autant que l’accident de voiture qui a mis fin à l’existence de ses parents semble en réalité avoir été prémédité par un mystérieux vengeur.

Souffrir, ça n’empêche pas d’essayer d’être heureux, murmure Hugo. Au moins essayer…

À partir de ce moment là, tout s’enchaine pour notre anti-héros qui, poussé par Anne, une gendarme qui partage la peine de Hugo mieux que quiconque, se voit forcé à replonger dans ses douleurs d’enfant afin de faire le jour sur la disparition de ses amis, Sophie, la grande sœur d’Anne et Pierre, un petit garçon fragile, dont lui a mystérieusement réchappé et dont il n’a absolument aucun souvenir. La course contre la monte débute, alors qu’un fantôme semble semer des indices dans le village et que la date anniversaire de la disparition approche.
Aidé par Anne, qui n’a jamais cessé de chercher sa sœur, et porté par une bande d’amis désœuvrés mais sincères, Hugo fera tout pour faire la lumière sur le traumatisme de son enfance et déterrer par la même occasion les mystères enfouis qui entourent le village de sa jeunesse et les habitants qui y errent depuis toujours.

Dans les bois vit
La princesse au visage de nuit,
Ses yeux sont étoiles
Ses cheveux l’obscur.

Mon expérience de lecture se résume en une phrase : je n’ai pas pu lâcher le livre de la journée, et je l’ai donc lu d’une traite. Ce qui ne m’arrive plus très souvent dernièrement. J’ai particulièrement aimé le soin apporté aux personnages, qui sont tous d’une justesse épatante, dans leurs personnalités, dans leurs relations, dans leurs failles. Quel plaisir de lire un roman comme une fenêtre sur la réalité, surtout lorsque le reste nous entraine dans des mystères aux frontières du réel.
Aucun détail n’est laissé au hasard, encore moins la structure du roman qui égrène les jours jusqu’au solstice d’été, rendant le lecteur avide de savoir la suite et d’arriver enfin au jour fatidique.

Dans les bois gît
La princesse au visage de nuit,
Dans sa main pâle,
Meurent les cœurs purs.

Entre mystère, fantastique et thriller, David Bry nous offre ici un livre aussi beau que dur, aux sujets aussi importants qu’exigeants : la maltraitance, le harcèlement, les abus et la souffrance d’enfants qui sont obligés de se tourner vers une princesse de légende pour trouver l’aide que les adultes sont incapables de leur accorder.

Titre : La Princesse au visage de nuit
Auteur : David Bry
Genre : Thriller/Fantastique
Nombre de pages : 279 pages
Date de sortie : 8 octobre 2020
Prix : 19,90€
PLIB 2021 : #ISBN9782918541721
Éditions : L’homme sans nom

La Ville sans vent de Éléonore Devillepoix

La Ville sans vent de Éléonore Devillepoix

À dix-neuf ans, Lastyanax termine sa formation de mage et s’attend à devoir gravir un à un les échelons du pouvoir, quand le mystérieux meurtre de son mentor le propulse au plus haut niveau d’Hyperborée.
Son chemin, semé d’embûches politiques, va croiser celui d’Arka, une jeune guerrière à peine arrivée en ville et dotée d’un certain talent pour se sortir de situations périlleuses. Ça tombe bien, elle a tendance à les déclencher…

Lui recherche l’assassin de son maître,
elle le père qu’elle n’a jamais connu.
Lui a un avenir. Elle a un passé.

Pour déjouer les complots qui menacent la ville sans vent, ils vont devoir s’apprivoiser.

CE QUE J’EN AI PENSÉ

J’ai terminé récemment La Ville sans vent de Éléonore Devillepoix et, peut-on s’arrêter 2 minutes sur la beauté de l’objet ?! Du noir, du blanc et du doré qui scintille… C’est un grand oui ! Du coup, j’ai croisé les doigts très fort pour que l’intérieur soit aussi quali que l’extérieur et, c’est avec soulagement que je vous annonce que OUI ! Et on me dit dans l’oreillette que le deuxième tome est tout aussi magnifique, et tout aussi génial… mais je vous en parle plus tard ! Parce que ce premier tome est déjà une excellente surprise et ce, pour plusieurs raisons.

Au loin se dressait Hyperborée, dont le dôme surgissait de la neige comme une gigantesque bulle dorée.

Un des points positifs de ce roman selon moi, c’est l’absence, ou presque, de romance. Et ça n’est pas pour me déplaire pour la simple et bonne raison que ça change vraiment de ce qu’on lit d’habitude. En effet, les sagas fantastiques du moments font souvent la part belle à l’amour et/ou la passion, laissant parfois ce pan là de l’histoire prendre le dessus sur le reste. Ici, les deux protagonistes principaux ne sont pas un couple et n’en seront jamais un ! Et c’est vraiment rafraichissant, en même temps de rendre leur relation et ce qui en découle vraiment intéressant. Arka et Lastynanax ne sont pas vraiment ce qu’on peut appeler des âmes sœurs, destinées à se rencontrer et tout le bazar, bien au contraire. La première est aussi tumultueuse que le second est placide. Après des débuts plus que compliqués en tant que mentor et élève, leur relation évolue pour devenir presque fraternel. On sent petit à petit que Lastynanax essaie de comprendre, et respecte sa cadette indisciplinée et qu’il décide de lui accorder le bénéfice du doute. Et même s’ils passent la majeur partie du temps à s’agacer l’un de l’autre, le lecteur aura plaisir à suivre les joutes verbales qui en résultent.

– C’est fermé à clé. Vous savez forcer une serrure, Maître ?
– Je suis mage.
– Y a rien d’incompatible.

Mais Lastyanax et Arka ne sont pas les seuls personnages d’Hyberborée que l’on a envie de suivre. Tout aussi travaillés que les protagonistes de ce premier tome, leurs comparses et leurs ennemis apportent les rebondissements nécessaires à l’évolution de l’intrigue. Ou devrais-je dire DES intrigues, puisqu’on en a un paquet dans cette cité aux airs privilégiées qui bouillonne de l’intérieur. Entre problèmes de castes, place de la femme dans la société hyperboréenne, meurtres déguisés et rebellions, ce tome, aux allures de roman d’apprentissage, semé d’embuches ne nous laisse aucun répit, une fois passé les quelques 100 premières pages nécessaires à l’auteure pour poser son décor. Un léger défaut que l’on pardonne puisque ledit décor est soigné et riche. Les descriptions d’Hyperborée nous y transporte, les couleurs, la magie et les allers et venues en tortue (oui, en tortue !)… tout est fait pour nous embarquer au cœur de l’histoire. En excellente stratège, Éléonore Devillepoix ne cesse de rebattre les cartes pour nous lancer sur de nouvelles pistes, nous perdre, nous rattraper et toujours nous fasciner. Une chose est sure, on ne s’ennuie pas jusqu’à la fin, avide de savoir ce qui se trame réellement sous l’allure parfaite de la lumineuse Hyperborée.

La vie est si fantasque qu’on s’étonne parfois de la voir se conformer, malgré les hasards et les incertitudes, à un plan décidé des années auparavant.

J’ai aimé vivre au rythme des sept niveaux qui composent Hyperborée, j’ai aimé plonger dans les intrigues politiques et les complots qui pullulent au conseil, découvrir l’histoire d’Arka, de Lastyanax, du Basileus et des autres, découvrir leur magie et suivre toutes leurs pérégrinations… et rester sur ma faim lorsque le point final est arrivé ! Et je peux déjà vous dire que le deuxième et dernier tome de cette duologie est une petite pépite qui réserve encore son lot de surprises !

En bref, si vous aimez la fantasy, vous pouvez y aller les yeux fermés.

Titre : La Ville sans vent
Auteur : Éléonore Devillepoix
Genre : Fantasy
Nombre de pages : 442 pages
Date de sortie : 3 juin 2020
Prix : 18€
PLIB 2021 : #ISBN9782017108443
Éditions : Hachette Romans

Challenge Bingo du PLIB

Challenge Bingo du PLIB

Si vous passez par ici de temps en temps, vous devez savoir que je fais partie du jury du PLIB 2020 pour mon plus grand bonheur. Grace à ce prix, j’ai pu découvrir des auteurs, des maisons d’éditions et des histoires incroyables. J’ai également pu donner leur chance à des ouvrages auxquels je n’aurais sans doute jamais prêté attention sans ce prix.

Tout au long de l’aventure, les organisateurs nous chouchoutent et nous permettent surtout de vider nos PAL grâce à des challenges (surement pour se faire pardonner d’y ajouter autant de livres dans l’année :D) Bref, le dernier en date n’est autre que le bingo du PLIB que j’espère bien remplir en entier avant la fin du mois de mai. Le but, vous l’aurez compris, est de valider des lignes, et la grille en entier si le cœur nous en dit, afin de remporter des points pour notre équipe. #teammages

Il existe deux types de cases, celles qui concernent la lecture et celles qui concernent le quotidien comme « lire un livre en portant un accessoire estival » ou encore « cuisiner son pêché mignon ».

Je vous laisse donc découvrir ma PAL pour le #bingoduplib :

Lire un roman du PLIB 2020

Je suis fille de rage de Jean-Laurent del Socorro (ActuSF)

VALIDÉ


Lire une suite de saga

Prince captif #2 : Le guerrier de C.S. Pacat (Milady)

VALIDÉ


Lire un roman de la ME gagnante du PLIB 2018

Les sœurs carmines #1 – Le complot des corbeaux de Ariel Holzl (Mnémos)

VALIDÉ


Lire un livre avec une fleur sur la couverture

Éternels #1 : Evermore de Alyson Noël (Michel Lafon)

VALIDÉ


Lire une autrice francophone

Gardez l’œil ouvert de Victoria Charlton (Les Éditions de l’Homme)

VALIDÉ


Faire une relecture

Harry Potter et le prince de sang mêlé de J.K. Rowling (Gallimard Jeunesse)

VALIDÉ


Lire un livre de moins de 200 pages

Love Story de Erich Segal (J’ai Lu)

VALIDÉ


Lire un livre hors SFFF

Heartstopper #2 : un secret de Alice Oseman (Hachette)

VALIDÉ


Aussitôt acheté, aussitôt lu !

Prince Captif #3 : Le roi de C.S. Pacat (Milady)

VALIDÉ


Lire un roman SFFF sorti en 2020

Les brumes de Cendrelune #2 : La symphonie du temps de Georgia Caldera (J’ai Lu)


Lire un roman de la ME gagnante du PLIB 2019

Chroniques Homérides #1 : Le souffle de Midas de Alison Germain (Les Éditions du Chat noir)


Lire un livre d’une ME peu connue

Le Monde d’Elianor de Liah Waureel (Cyplog)


JOKER

Hell de Lolita Pille (Le Livre de Poche)

hell

VALIDÉ